Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
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Inauguration et présentation

  • Collège de France, Arnaud Roffignon, Directeur général des services : mot de bienvenue
  • CNRS, représentants de l’Institut écologie & environnement (Agathe Euzen, directrice de l’institut adjointe), l’Institut des sciences humaines & sociales (Stéphane Bourdin, Directeur adjoint scientifique Hommes et milieux : évolution, interactions et Mondes anciens et médiévaux), l’Institut Terre & Univers (Stéphane Guillot, Directeur adjoint scientifique Terre solide) et de la Mission pour les Initiatives Transverses et Interdisciplinaires (Martina Knoop, directrice).
  • Organisateurs, Jean-Renaud Boisserie, Sandrine Prat et Christel Tiberi : présentation du colloque et de l’ouvrage « Le Grand Rift, à la confluence des temps ».

Introduction scientifique

Introduction scientifique, par François-Xavier Fauvelle (Collège de France).

Une aventure scientifique à travers les temps

Une aventure scientifique à travers les temps

Auteurs : Christel Tiberi (CNRS), Stéphanie Gautier-Raux (Université de Monptellier), Tony Rey (Université Paul-Valéry-Montpellier 3)

Résumé : Mener des recherches au sein du Rift signifie observer et travailler à différentes échelles de temps et d’espace : de la seconde aux millions d’années, du nanomètre à la centaine de kilomètres. Cela signifie aussi s’adapter à une topographie contrastée (de -155 m à 6000 m), à des cultures et des sociétés en pleine évolution, prévoir l’impondérable mais accepter les imprévus. La recherche dans le rift c’est prendre le temps d’échanger, de collaborer avec les autres et bénéficier de la complémentarité des approches scientifiques, des cultures afin d’approcher et comprendre ce territoire aux multiples facettes.

La spirale des temps

La spirale des temps

Auteurs Cédric Gaucherel (INRAE), Olivier Dauteuil (CNRS), Marc Jolivet (CNRS)

Résumé : Les temps des processus est multiple. Les processus qu’étudient les scientifiques, ces mécanismes responsables d’un changement tangible, se déroulent selon des temps variés, à des échelles souvent très différentes et selon des dynamiques contrastées. Peut-on malgré cette diversité dégager des constantes qui aideraient à comprendre les fonctionnements physico-chimiques, bio-écologiques, et socio-économiques qu’ils sous-tendent ? Déjà les grecs avaient mentionné les différences entre les processus suivant un temps linéaire, cyclique ou évènementiel. Il est aisé de les illustrer dans le Rift africain, qu’il s’agisse des forces géologiques, de l’évolution du vivant ou de l’arrivée des humains. Peut-être pourrait-on unifier ces différentes représentations de processus temporels sous la forme d’une spirale, elle qui a l’avantage de combiner les trois types de temps précités. Dans ce but, nous montrerons notamment à l’aide d’un modèle formel d’un nouveau genre (dit possibiliste) qu’il est possible de capturer cette spirale temporelle pour les dynamiques du Rift.

Turkana : un atelier pour étudier les sociaux-écosystèmes

Turkana : un atelier pour étudier les sociaux-écosystèmes

Auteur : Sandrine Prat (CNRS), Jean-Renaud Boisserie (CNRS).

Résumé : La dépression du Turkana, à la charnière des portions éthiopiennes et kenyanes du grand Rift est occupée par le lac Turkana qui constitue une zone de basses terres semi-arides soumise à une très forte évaporation. Elle est connue pour ses richesses paléontologiques, notamment en restes humains anciens (plus de la moitié des vestiges du continent africain), servant de référence dans l’étude des relations entre évolution biologique et changements environnementaux. Toutefois, cette région et ses populations essentiellement pastorales ont été longtemps oubliées des politiques de développement. Elles sont depuis peu confrontées à des stratégies d’exploitation des ressources telles que l’eau, les terres et le pétrole. L’angle du patrimoine permet d’élaborer une approche scientifique interdisciplinaire des changements passés et actuels dans cette région, panaché de tensions internationales et locales, de défis environnementaux et d’impératifs conservationnistes.

Évolutionnisme et évolution des sociétés : dynamiques des populations pastorales du grand rift est-africain

Auteur : Jean-Baptiste Eczet (EHESS)

Résumé : Les sociétés reposant sur le pastoralisme et ses corollaires, le nomadisme et la transhumance, ne sont pas aisément compréhensibles par des observateurs issus de cultures largement agricoles et hébergées par des formes politiques étatiques, c’est-à-dire par la plupart des chercheurs en sciences sociales de l’hémisphère Nord. Nous verrons ainsi que ces sociétés obligent à revoir nos conceptions des « modes de subsistance » (et la tripartition chasse-cueillette/pastoralisme/agriculture), de rapports aux animaux (au-delà de la dichotomie « conditions matérielles » versus « symbolisme ») et de formes politiques (ou comment absence d’État et démocratie se conjuguent).

La dynamique profonde du rift et ses conséquences

La dynamique profonde du rift et ses conséquences

Auteurs Raphaël Pik (CNRS), Nicolas Bellahsen (Sorbonne Université), Pierre Sepulchre (CNRS), Laurent Husson (CNRS), Jean-Renaud Boisserie (CNRS), Sandrine Prat (CNRS), Christel Tiberi (CNRS)

Résumé : Le rift Est Africain est enraciné dans une région du globe où les mouvements des plaques lithosphériques et les mouvements verticaux du manteau sous-jacent ont gouverné son évolution depuis des dizaines de millions d’années, en créant les reliefs typiques de « rift valley » et de hauts plateaux, ainsi qu’en produisant les magmas qui s’y sont épanchés en surface. Ce contexte géologique, avec ses spécificités topographiques, volcaniques et hydrologiques, a influencé le climat régional et a contraint le développement des populations biologiques qui l’ont colonisé. Ceci est notamment et probablement le cas pour l’évolution et les migrations des hominines, même si de tels forçages sont encore mal connus.

Vivre avec les volcans : risques, opportunités, adaptations

Vivre avec les volcans : risques, opportunités, adaptations

Auteurs : Stéphanie Defossez (Université Paul-Valéry-Montpellier 3), Miangaly Rakoto (Université Paul-Valéry-Montpellier 3).

Résumé : Le volcan Ol Doinyo Lengai situé au nord de la Tanzanie constitue un risque majeur pour les populations environnantes, principalement les communautés massaï au mode de vie traditionnel et pastoral. Mais les relations entre ces communautés et le volcan, et plus globalement leur pratique du territoire, donnent à voir des usages et des perceptions qui ne reposent pas exclusivement sur les dangers du volcan. Le mode de vie semi-nomade, les traditions ancestrales et les savoirs locaux participent aux capacités d’adaptation développées par ces communautés pour vivre avec le volcan.

« Sources thermales » et « ressources géothermiques ». Quelles socio-techniques pour les sociétés pastorales du Rift kenyan ?

« Sources thermales » et « ressources géothermiques ». Quelles socio-techniques pour les sociétés pastorales du Rift kenyan ?

Auteurs : Benoit Hazard (CNRS), Yves Géraud (Université de Lorraine), Christine Adongo (EHESS)

Résumé :  Depuis les premières explorations coloniales jusqu’à la définition récente de la géothermie comme source d’énergie renouvelable, le Kenya s’est imposé comme l’un des principaux producteurs d’énergie géothermique. Contribuant à une vision de la croissance, cette énergie bénéficie des mécanismes du marché du carbone, et est souvent présentée comme une solution adaptée à la lutte contre le changement climatique. Pourtant, les paysages manufacturés de la géothermie n’étaient pas des “vides” humains et écologiques au moment de l’expansion coloniale qui forme le contexte historique d’émergence de la géothermie. Cette présentation explore les antagonismes entre le développement national, les discours globaux et la place des sociétés locales dans le développement de la ressource en géothermie dans le rift au Kenya. Elle invite à explorer les échelles, les socio-techniques de l’énergie (« méga-système » versus « Low Tech ») dans une « économie du besoin » plutôt que des ressources.

Plongée inédite dans le Delta de l’Okavango

Plongée inédite dans le Delta de l’Okavango

Auteurs Olivier Dauteuil (CNRS), Marc Jolivet (CNRS), L. Gaudaré (Université de Rennes 1)

Résumé : Le Delta de l’Okavango au nord du Botswana se développe à l’extrémité sud-ouest du Rift est-africain. Cette immense zone humide constitue un écosystème sensible avec une biodiversité remarquable. Tous les ans, une crue de 11 milliards de tonnes d’eau inonde l’ensemble du système, contrôlant le développement de la végétation, la migration de la faune, et le transport de matière. Le fonctionnement actuel du Delta résulte donc d’un équilibre précaire entre le climat, la tectonique, la biosphère et les activités anthropiques. Nos travaux montrent que cette singularité pourrait évoluer rapidement avec un détournement naturel de l’eau vers le fleuve Zambèze mais aussi par le captage de l’eau en amont lié au développement des activités économiques en Angola et en Namibie.

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