Chaires annuelles

Chaire Mondes francophones (2018-2019)

Urgence(s) d'écrire, rêve(s) d'habiter

Yanick Lahens est la première personnalité à occuper cette chaire créée en partenariat avec l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF). Le Collège de France et l’AUF entendent ainsi illustrer la diversité et la richesse des mondes francophones en donnant une tribune aux chercheurs des pays ayant le français en partage. Créée pour trois ans, cette chaire accueillera chaque année une grande voix de la francophonie issue de différents domaines des lettres, des arts et des sciences.

La langue restant le lien premier de cet espace francophone, c’est une grande figure de la littérature haïtienne, prix Femina 2014 pour Bain de lune (Sabine Wespieser éditeur), qui a été invitée à inaugurer cette chaire : Yanick Lahens, « une personnalité remarquable de la littérature et de la culture en langue française », selon le Pr Antoine Compagnon, titulaire de la chaire Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie.

La leçon inaugurale de Yanick Lahens ainsi que l’ensemble de son enseignement bénéficieront d’une large diffusion grâce au relais privilégié de RFI (France Médias Monde), de TV5MONDE, du réseau des campus numériques francophones de l’AUF, et de l’Institut français, qui soutiennent la diffusion des travaux de la chaire Mondes francophones.

Leçon inaugurale jeudi 21 mars 2019 à 18 h 00.

Chaire Santé publique (2018-2019)

L'épidémiologie, ou la science de l'estimation du risque en santé publique

Le Pr Arnaud Fontanet a été invité par l’Assemblée du Collège de France à occuper pendant une année la chaire Santé publique, nouvelle chaire créée en partenariat avec l’agence nationale Santé Publique France. Il est l’un des spécialistes les plus renommés de l’épidémiologie des maladies émergentes. Diplômé de l’Université Paris V et de Harvard, il a poursuivi une carrière éclectique, passant avec agilité du terrain aux centres de recherche académique. Chef de l’Unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur où il dirige également le Centre de Santé globale, ses principaux thèmes de recherche sont les hépatites virales et les virus émergents, ce qui l’a conduit à piloter de nombreux projets : sur le SIDA en Ethiopie, les hépatites virales en Egypte, les microcéphalies liées au virus Zika sur tous les continents, les encéphalites aiguës chez les enfants au nord-Vietnam, l’épidémie de SRAS, de MERS, etc.

Dans son enseignement au Collège de France, le Pr Arnaud Fontanet montrera que l’épidémiologie, à travers son histoire et les défis auxquels elle est confrontée, demeure une discipline exigeante et capable d’évoluer pour affiner toujours plus notre compréhension des causes de la maladie, notamment les nouvelles pandémies dont le rythme d’émergence est estimé à cinq ans. À partir de ses recherches, il tentera de répondre à quelques questions. Quels sont les niveaux de preuve et de causalité en épidémiologie ? Devons-nous encore avoir peur des pandémies ? Quels sont les apports concrets de cette discipline à la santé humaine ? Il consacrera ensuite plusieurs séances aux cas qui l’ont occupé dans sa carrière et dont il est l’un des meilleurs spécialistes : l’hépatite C en Egypte ; le virus Zika et son vecteur Aedes aegypti ; ou encore le SRAS et le MERS dans une perspective de santé globale.

Leçon inaugurale jeudi 31 janvier 2019 à 18h00

Chaire européenne (2018-2019)

La banque centrale européenne (ECB) et la crise de l'euro

Lucrezia Reichlin, économiste italienne, professeur à la London Business School, occupera pendant un an la Chaire européenne du Collège de France. Première femme à diriger le département de la recherche de la Banque centrale européenne, elle est une spécialiste réputée de macro-économie. Ses travaux sur les systèmes d’évaluation en temps réel et les prévisions économiques à court terme utilisant de très vastes ensembles de données font autorité et sont très largement utilisés dans le domaine de la finance.

La Banque centrale européenne est une institution unique dans sa qualité de banque centrale installée au cœur d’un ensemble de dix-neuf pays dotés chacun de responsabilités nationales pour ce qui concerne la politique budgétaire et, jusqu'à récemment, la réglementation bancaire. L’absence d’une relation explicite entre la BCE et une autorité fiscale commune à l’échelle européenne entrave ses actions et limite leur impact. A ce titre, on peut considérer que la BCE s’inscrit dans un cadre institutionnel particulier, où en tant que banque centrale, elle ne dispose pas de support politique en matière budgétaire et fiscale. Elle constitue donc une étude de cas intéressante, prise dans une perspective de comparaison avec le comportement et la performance des banques centrales dont le champ d’action s’inscrit dans un cadre budgétaire et fiscal fort. Cette approche peut être utilisée pour éclairer sous un jour nouveau l’importance de la gouvernance et de la gestion des interactions monétaires et budgétaires. L'analyse de ce cas permet aussi de mieux comprendre l'avenir de la banque centrale et de la zone euro.

Au Collège de France, Lucrezia Reichlin dispensera tout au long de l’année 2018-2019, une série de cours sur le thème La Banque centrale européenne (BCE) et la crise de l'euro. Elle y abordera de plain-pied les défis auxquels est confrontée la BCE depuis 2008, son aptitude à la gestion de crise ainsi que l’efficacité de sa politique monétaire.

Leçon inaugurale jeudi 29 novembre 2018 à 18h00.

Chaire de création artistique (2018-2019)

Traverser les frontières

Amos Gitaï, premier cinéaste invité sur la chaire de Création artistique, prononcera sa leçon inaugurale le 16 octobre 2018, à 18 heures.

Invité pour une année par l’assemblée des professeurs, Amos Gitaï est le premier cinéaste à entrer au Collège de France.

Avec cette nomination, le Collège de France reçoit l’un des plus grands cinéastes contemporains, dont l’œuvre puissante et multiple couvre plus de 40 années de carrière, avec une production dense de près de 90 films, fictions et documentaires, longs et courts métrages, mais aussi des performances théâtrales et des installations, mêlant des formes et des supports très variés.

Pour le Collège de France, il s’agit de saluer l’œuvre d’un cinéaste assumant simultanément les positions de veilleurde notre temps et de notre monde, et d’un artiste constamment en quête de réponses formelles pour prendre en charge ces sujets complexes liés notamment à l’identité, au territoire, à la langue et à la religion. 

Chaire d'Informatique et sciences numériques (2018-2019)

Algorithmes : à la recherche de l'universalité perdue

Rachid Guerraoui, professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), occupera la chaire Informatique et sciences numériques (année 2018-2019), fruit d’un partenariat entre le Collège de France et Inria.

Rachid GUERRAOUI est un spécialiste mondial de l’algorithmique répartie. Formé à l’Université d’Orsay (aujourd’hui Université Paris-Saclay), il a été professeur invité au MIT et exercé au sein des prestigieux laboratoires Hewlett Packard de Paolo Alto avant de rejoindre l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), où il occupe actuellement un poste de professeur et dirige Laboratoire de calcul distribué (DCL).

L'algorithmique répartie est la discipline scientifique qui identifie les conditions nécessaires et suffisantes sur les réseaux, grands ou petits, permettant de retrouver l'universalité de la machine de Turing. Lorsque ces conditions ne sont pas satisfaites, il s'agit de définir les formes d'universalités restreintes qu'il est possible de réaliser. Sans cela, il est impossible d'appréhender ce que font les algorithmes exécutés sur une chaîne de blocs (blockchain), un cloud, un data center ou sur l'internet des objets, ni de définir ce que permettent de calculer exactement des architectures multi-processeurs. Autrement dit, il est impossible de comprendre l'informatique moderne qui est fondamentalement répartie.

Rachid GUERRAOUI donnera une série de cours sur l’algorithmique répartie autours de questions telles : l’atomicité dans un système réparti, le système distribué dynamique, le pouvoir de la mémoire partagée, l’impossibilité du consensus, la blockchain, solution ou problème, etc.

Leçon inaugurale le jeudi 25 octobre 2018 à 18h00

Chaire Innovation technologique Liliane Bettencourt (2018-2019)

Origines évolutives des variations génétiques

La première ébauche du génome a fourni la feuille de route des quinze dernières années de recherche en génétique humaine. L’ère du big data combinée à une réduction très substantielle du coût du séquençage ont favorisé la mise en place de plates-formes globales permettant d'interroger la variation des populations dans le monde. En quelques années, des dizaines de milliers de séquences complètes du génome ont été rendues disponibles chez l'homme et chez des hominidés éteints, ainsi que chez des milliers d'autres espèces.

Pour la génétique des populations, ces progrès ont ouvert l’opportunité auparavant inimaginable de reconstituer l'histoire généalogique et mutationnelle de l'homme ainsi que d’autres espèces et repoussé les limites de ce que nous pouvons déduire des forces évolutives et génétiques qui ont affecté chaque région du génome.

D’où vient la variabilité génétique observée dans toutes les espèces ? Quelle est la base moléculaire de l’adaptation ? Quelles sont les causes et les conséquences de la variation du taux de recombinaison chez les vertébrés ? Autant de questions qui seront abordées pendant les enseignements dispensés par le Pr Molly Przeworski au Collège de France.

Formée dans les universités de Princeton, Chicago puis Oxford, Molly Przeworski a exercé au département de génétique de l'évolution de l'Institut Max Planck à Leipzig, puis à l’Université de Brown, au département de génétique humaine de l'Université de Chicago, avant de fonder sa propre équipe à l’Université de Columbia en 2014. Elle a bénéficié d'un soutien du prestigieux Howard Hugues Medical Institute (Early Career Award program). Dès le début de sa carrière, elle a enseigné des sujets très divers, allant des mathématiques à la génétique et faisant une large part à l'évolution humaine.

Molly Przeworski utilise la quantification fine des signatures génomiques pour étudier les mécanismes génétiques fondamentaux, comme le rôle de la protéine PRMD9 dans la méiose ou la source des mutations germinales. Elle s’intéresse aussi aux processus de sélection naturelle qui ont donné lieu aux adaptations humaines.

Leçon inaugurale le mercredi 3 octobre 2018 à 18h00