Antoine Lilti, professeur du Collège de France sur la chaire Histoire des Lumières, XVIIIe – XXIe siècle, donnera le samedi 17 janvier 2026 à 11 h, une conférence intitulée « Les Lumières au miroir de Tahiti : des Polynésiens en Europe au XVIIIe siècle ».
La conférence aura lieu à la médiathèque Marguerite Duras, 115 rue de Bagnolet, Paris 20e.
L’exploration du Pacifique, notamment par Louis-Antoine de Bougainville et James Cook, a fasciné les Européens au XVIIIe siècle, donnant naissance au mythe du paradis tahitien. On ignore, souvent, que quelques Polynésiens se sont embarqués avec les Européens. Deux d’entre eux sont venus en Europe, à Paris et à Londres. Leur histoire raconte une face méconnue des premiers contacts entre voyageurs et insulaires dans le Pacifique. Elle permet d’interroger les limites de l’universalisme des Lumières, confronté à l’altérité de ces voyageurs venus du bout du monde.
Antoine Lilti est né en 1972. Ancien élève de l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, il soutient en 2003 à l’université Panthéon-Sorbonne, sous la direction de Daniel Roche, une thèse intitulée : « Le Monde des salons. Sociabilité et mondanité à Paris au XVIIIe siècle », publiée en 2005. Il enseigne comme maître de conférences à l’ENS-Ulm, puis comme directeur d’études à l’EHESS à partir de 2011. En 2022, Antoine Lilti devient titulaire de la chaire Histoire des Lumières, XVIIIe – XXIe siècle au Collège de France. En parallèle, il exerce une activité éditoriale. De 2006 à 2011, il dirige la rédaction de la revue Annales. Histoire, sciences sociales. De 2013 à 2023, il est directeur de la collection « L’épreuve de l’histoire », aux éditions Fayard. Il dirige actuellement « L’histoire au présent », aux éditions Flammarion.
Ses travaux portent sur l’histoire sociale, culturelle et intellectuelle des Lumières. Il a d’abord étudié les pratiques de sociabilité des élites aristocratiques et des écrivains (Le Monde des salons, Fayard, 2005), puis s’est attaché à montrer l’émergence, au XVIIIe siècle, d’une forme nouvelle de reconnaissance, la célébrité, liée aux mutations de l’espace public et des identités individuelles (Figures publiques, Fayard, 2014). Depuis, son travail s’est élargi aux héritages multiples des Lumières (L’Héritage des Lumières. Ambivalences de la modernité, EHESS/Gallimard/Seuil, 2019 et Actualité des Lumières : une histoire plurielle, Collège de France, 2023). Un autre pan de ses recherches a porté, ces dernières années, sur les premiers contacts entre Européens et Polynésiens dans le Pacifique et sur les voyageurs tahitiens venus en Europe au XVIIIe siècle (L’Illusion d’un monde commun. Tahiti et la découverte de l’Europe, Flammarion, 2025).
Ces conférences, qui s’adressent au grand public, laissent leur place à la variété des disciplines présentes au Collège de France : l’histoire, l’économie, la sociologie, les lettres, mais aussi la biologie, la chimie, les mathématiques ou les sciences de l’évolution sont ainsi mises à contribution.
Grâce à ce nouveau rendez-vous, les bibliothèques de la Ville de Paris s’inscrivent dans leur mission de diffusion des savoirs et souhaitent lutter contre la désinformation en offrant au public des moments de décryptage et d’approfondissement dans certains domaines de la connaissance. Il s’agit aussi d’ouvrir une fenêtre sur le monde de la recherche et son fonctionnement, et de rapprocher les Parisiens d’une institution exceptionnelle, le Collège de France, au cœur de la vie intellectuelle et scientifique de la cité depuis cinq siècles.