Résumé
Dans le cadre de l’Égypte du premier millénaire av. n.è., où dieux et déesses sont fréquemment nommés roi ou reine, et où un clergé pléthorique et très hiérarchisé se trouve à leur service, l’expression « cour du dieu », qui constitue le thème central de ce colloque, ne peut manquer d’évoquer une cour royale et son fonctionnement. Transposée en contexte religieux, la polysémie du terme de cour – désignant à la fois un espace architectural déterminé du temple et, par métonymie, les prêtres de haut rang qui constituent l’entourage immédiat du dieu qui y réside – prend d’autant plus de relief que la cour du temple est précisément le lieu où, de manière intensive à cette époque, les membres de l’élite sacerdotale sont autorisés à se donner à voir et à lire à leurs successeurs, par le biais des statues inscrites qui leur sont consacrées.
À travers l’examen d’inscriptions épigraphiques sacerdotales, provenant tout aussi bien d’autobiographies que d’inscriptions de temple, nous tâcherons de présenter quelques aspects de l’image que les prêtres égyptiens donnent d’eux-mêmes, de leur rapport personnel à la divinité et à la classe sacerdotale, et les implications que cela peut avoir en termes d’étiquette de cour et d’esprit de corps. En effet, au premier millénaire, une évolution dans la perception que les prêtres ont de leur place, à titre individuel et collectif, dans le temple semble décelable.