Résumé
La théologie du mammisi des temples de l’époque gréco-romaine est centrée autour de l’image du dieu-enfant. Fils du couple divin du temple, que ce soit Horsamtous à Edfou, Harsiésis à Philae, Ihy à Dendera, l’enfant divin est considéré comme le successeur de son père. Cette succession peut être exprimée à l’aide de différents vocabulaires. Identifié à son père solaire, l’enfant s’insère dans son cycle au moment du matin pour devenir le père qui produira un nouvel enfant. Ainsi, la naissance de l’enfant garantit la continuité cosmique des cycles. Mais en tant que fils de son père, la succession peut aussi s’exprimer suivant une terminologie liée à la royauté terrestre. Il s’agit alors de conférer à l’enfant la fonction, le trône, le sceptre de son père. Pour atteindre ce but, un nombre de divinités vont intervenir pour exécuter des actions qui sont d’habitude exécutées pour le pharaon, que ce soit dans une sphère purement terrestre ou une sphère supraterrestre. Ainsi Thot rédigera l’imit-per et les annales du nouveau « roi ». La naissance elle-même du jeune dieu est décrite suivant un scénario qui, depuis au moins le Moyen Empire, est utilisé pour raconter la naissance divine du pharaon. En transférant les histoires, les rituels, les épithètes du Pharaon vers le dieu-fils, celui-ci devient le Pharaon lui-même, régnant sur l’Égypte et le cosmos.