Résumé
Le poème sur le temps dans Eccl 3,1–9 fait partie des textes les plus connus du livre de Qohélet. Selon ce poème, il existe un moment et un temps déterminés pour chaque événement sous le ciel. Même si le poème se distingue, dans sa forme littéraire, des autres réflexions que l’on trouve dans le livre de Qohélet, ce texte reflète la même conception du temps que celle qui est à la base de la réflexion initiale du livre : l’homme est lié au temps qui passe, et sa vie s’écoule dans le cadre du temps qui lui est accordé. Si l’on lit le poème sur le temps à la lumière de la thèse de Qohélet selon laquelle tout est vanité, on en arrive donc plutôt à une interprétation qui souligne les limites de l’homme dans son rattachement au temps. Cependant, si l’on dépasse la thèse de Qohélet sur la vanité et que l’on lit le poème sur le temps dans son contexte en Eccl 3, il apparaît que la conception du temps développée ici par Qohélet n’est pas dominée par la résignation ou le pessimisme, mais reconnaît, malgré les limites de l’être humain, un espace de vie et un espace temporel qui lui offrent la possibilité de percevoir le bien dans la vie et de se réjouir. Cette perspective de la vie se reflète également dans la réflexion en Eccl 11,9–12,8. Ici, la limitation de la vie humaine est abordée sous l’angle de l’âge et de la vieillesse. Mais le texte commence par exhorter le jeune homme à se réjouir : la conscience du temps limité dont dispose l’homme et de sa nature éphémère ne conduit pas Qohélet au désespoir, mais l’amène à appeler à ne pas manquer les bonnes occasions de la vie au moment venu.