Résumé
Le livre de Qohélet est un recueil de réflexions sur l’être humain et ses capacités. Mais le livre de Qohélet traite également du monde et de sa stabilité et persistance. Ainsi, Qohélet ne commence pas ses réflexions par des considérations sur l’être humain, mais par une esquisse sur la permanence du monde. Cette esquisse est précédée de la thèse principale de Qohélet : « Vanité des vanités, dit Qohélet, vanité des vanités, tout est vanité. » (Eccl 1,2). Ce qui suit n’est toutefois pas une réflexion sur la vanité du monde. Eccl 1,3–11 souligne plutôt que le monde est stable et durable. D’après Qohélet, le monde est constitué de cycles et de rythmes, comme on peut l’observer dans les phénomènes de la nature : le soleil, le vent et les fleuves suivent leur cours sans fin et font preuve d’une grande constance dans leur dynamique. Face à cette constance et permanence du monde, Qohélet oppose, dans sa réflexion au début du livre, l’image de l’être humain, dont la constance et la permanence se manifestent néanmoins dans la succession permanente des générations. Pour l’individu, cette succession des générations signifie avant tout sa propre éphémérité et vanité. Là où quelque chose de nouveau semble se produire, cela n’apparaît ainsi qu’aux yeux des personnes de la génération concernée. De la constance et de la stabilité du monde résulte en réalité qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil.