Résumé
De Cicéron aux juristes de l’Empire, cette leçon explore l’idée de Rome comme « patrie commune » et ses implications juridiques et politiques. À travers le traité Sur les lois (De Legibus), on découvre la tension entre la petite patrie, c’est-à-dire la cité de naissance, et Rome, la patrie commune. Chez Cicéron, ces deux dimensions se complètent : la première est affective, la seconde constitue le fondement de l’appartenance civique, et c’est à cette dernière que s’attachent les devoirs les plus forts. Les juristes impériaux traduisent ensuite ces concepts en règles concrètes, notamment dans le cas du bannissement (relegatio). L’analyse met en lumière une hiérarchie des « patries » et une vision du pouvoir centrée sur l’empereur comme « père de la patrie » (pater patriae). À travers une série de métaphores, on en vient ainsi à concevoir la société politique comme une famille et le prince comme un père, dont le pouvoir sur ses « enfants » tend vers l’absolu : une métaphore donc particulièrement dangereuse, sous son apparence d’appel à l’affectivité.