Les évidences partagées. L’ambivalence des lieux communs et des stéréotypes (cf. Ruth Amossy). Puissance des locutions figées et des adages (« nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde », « on est chez nous »). Les implicites des conversations ordinaires, le jeu des antiphrases (« elle est belle, la France ! »). Dénonciation des élites et « cause du peuple ». Fake news et fact-checking. La « loi de Brandolini ».
La compétence argumentative des locuteurs ordinaires (voir Marianne Doury, « L’évaluation des arguments dans les discours ordinaires : le cas de l’accusation d’amalgame », Langage et société, vol. 105, 2003).
L’approche dominante de l’argumentation dans le monde anglo-saxon : une dénonciation normative des fallacies. Suite d’une longue tradition : catalogue des sophismes chez Aristote (sophismes logiques et sophismes rhétoriques) ; Arnaud et Nicole, La Logique ou l’art de penser, 1662 (analysée dans le dictionnaire de Plantin, s. v. « Fallacieux IV ») ; Bentham, The Book of Fallacies, 1811 ; Schopenhauer, L’Art d’avoir toujours raison, 1831, publié en 1864 (« dialectique éristique »).
Le principe de réversibilité : argument tu quoque, argument ad hominem.