Résumé
La gestion des crises conduit à l’adoption de mesures qui restreignent (temporairement) les libertés, suspendant parfois les attributs associés à la citoyenneté. L’instauration de régimes d’état d’urgence témoigne d’une forme d’exceptionnalité qui justifie la suspension de l’état de droit au profit d’un droit de l’urgence ; et l’affaiblissement des principes et des institutions démocratiques, au nom du maintien ou de la restauration de l’ordre public. Toutefois, la multiplication des crises interroge sur les dangers à terme de ces restrictions et suspensions, qui transforment les citoyens en simples sujets à protéger et considèrent les libertés publiques comme une variable d’ajustement.