Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
Forte affluence ! Se présenter 45 mn avant le début. Libre accès, dans la limite des places disponibles
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Résumé

Afin de relancer la présente enquête sur les lieux de pouvoir par une prise en compte de la manière dont les hétérotopies espacent le temps, la séance propose un excursus dans l’histoire de la pensée contemporaine : comment, en 1966, Michel Foucault a-t-il pu intégrer ses propositions sur les « espaces autres » dans une réflexion plus générale sur le corps et l’utopie ? Et pourquoi cette réflexion est-elle indissociable d’une inquiétude plus profonde quant aux puissances de percussion de la voix ? Sans doute, doit-on saisir cette double interrogation dans le contexte collectif des grands débats sur la phénoménologie et l’historicité au temps de l’effervescence structuraliste. Et sans doute peut-on également remarquer que la parution de plusieurs inédits de Foucault datant de cette même année 1966 (et notamment Le Discours philosophique) permet de compliquer l’idée que l’on se fait de la chronologie interne de son œuvre. Mais l’hypothèse que l’on défend ici est qu’il convient surtout de prendre en considération la forme radiophonique des propositions foucaldiennes sur le corps utopique et les hétérotopies, afin d’en mieux comprendre la teneur intime et la portée collective. Car ce qui est ultimement en jeu ici est de suggérer comment, sans chercher à la ventriloquer, la voix de Michel Foucault peut ici être entendue, et comment le travail de l’histoire permet d’y reconnaître le rendement conceptuel d’une notion comme celle d’hétérotopie. 

Sommaire

  • « Ce lieu que Proust, doucement, anxieusement, vient occuper de nouveau à chacun de ses réveils… » : écouter la voix de Michel Foucault
  • Une expérience radiophonique (Michel Foucault, Entretiens radiophoniques, 1961-1983, éd. Henri-Paul Fruchaud, Paris, Flammarion-Vrin-Ina, 2024)
  • Du magnétophone à l’ordinateur : techniques et gestuelles du travail intellectuel (Caroline Muller et Frédéric Clavert, Écrire l’histoire. Gestes et expériences à l’ère numérique, Paris, Armand Colin, 2025)
  • Le texte, cendre refroidie du feu de la parole (Patrick Boucheron, « La lettre et la voix : aperçus sur le destin littéraire des cours de Georges Duby au Collège de France à travers le témoignage des manuscrits conservés à l’IMEC », Le Moyen Âge, CXV-3/4, 2009)
  • « J’écris pour ne plus avoir de visage » (Michel Foucault, L’Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969) : faut-il ne plus écrire pour parler vrai ?
  • Ne pas céder à la violence du dire (Guillaume Bellon, Une parole inquiète. Barthes et Foucault au Collège de France, Grenoble, UGA éditions, 2012)
  • Corps écrit, corpus élargi : les vies posthumes de Michel Foucault
  • « Suis-je le seul à mieux retrouver la parole de Foucault dans ces transcriptions qu’en écoutant un enregistrement du même cours ? » (Philippe Roger, « La voix de Michel Foucault », Critique, 2005)
  • L’élan élocutoire d’une voix qui raisonne par percussions (David Christoffel, « La pensée de la voix de Foucault », Filigrane, 29, 2024)
  • « Cette peau où je suis fourré comme dans un sac » : 21 décembre 1966, Foucault et « le corps utopique »
  • Retrouver cette « architecture fantastique et ruinée » et aller voir ailleurs si j’y suis
  • De la position phénoménologique à la critique de Naissance de la clinique (Judith Revel, Foucault avec Merleau-Ponty. Ontologie politique, présentisme et histoire, Paris, Vrin, 2015)
  • Effervescence structuraliste et réception de Les Mots et les choses (Antoine Compagnon, 1966. Année mirifique, Paris, Gallimard, 2026)
  • Penser, c’est poser un diagnostic : « Mettre en lumière soudain, cette heure grise où nous sommes. Prophétiser l’instant » (Michel Foucault, Le Discours philosophique, Paris, Gallimard-Seuil-EHESS, 2023)
  • « Nous sommes à l’époque du simultané, nous sommes à l’époque de la juxtaposition, à l’époque du proche et du lointain, du côte à côte, du dispersé » : 7 décembre 1966, Foucault et les espaces autres
  • Lieux, emplacements, déplacements : repenser, en historien, la question de l’espace
  • De la liste de Borgès dans Les mots et les choses à « ce désordre qui fait scintiller les fragments d’un grand nombre d’ordres possibles » : qu’est-ce que les hétérotopies ?
  • Fait de langue, ordre du discours et désordre de l’espace (Daniel Defert, « “Hétérotopie” : tribulations d’un concept », dans Michel Foucault, Le Corps utopique. Les hétérotopies, Paris, Lignes, 2009)
  • Un concept qui vient de la clinique : « mettre à jour la vérité de ce qui est mort » (Michel Foucault, Le Beau danger. Un entretien avec Michel Bonnefoy, Paris, l’EHESS, 2011)
  • « Cette science qui s’appellerait, qui s’appellera, qui s’appelle déjà hétérotoplogie »
  • De la conférence du 17 mars 1967 aux Machines à guérir : quand les architectes anti-fonctionnalistes s’emparent des hétérotopies
  • « Les suivantes » : dernier coup d’œil dans le miroir peint par Velázquez
  • « À bien des égards, l’art de servir est la basse continue du tableau » (Jérémie Koering, Enquête sur “Les Ménines”. Velázquez et le regard du roi, Arles, Actes Sud, 2025)
  • Au miroir de cet espace autre, revoir les lieux de pouvoir.