Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

Depuis Plutarque, la littérature politique enseigne aux princes l’attitude à adopter entre l’offrande et le retrait, l’exposition publique et l’ombre du secret. Les lieux de pouvoir, dans leur architecture même, mettent à l’épreuve ces dilemmes. C’est le cas du palais d’Urbino, dont on analyse la distribution des espaces, depuis l’atrium jusqu’au studiolo. Mais tout cela suppose que les dirigeants acceptent de jouer le jeu. Que se passe-t-il lorsque ce n’est pas le cas, et qu’ils préfèrent se dérober au métier de régner ? Le cas de Louis XI permet de saisir cette tentation de l’échappée belle : elle ne consiste pas seulement à se ménager des retraits ou des résidences écartées, mais à envisager la possibilité de gouverner d’ailleurs, depuis un lieu imaginaire. Ce refuge peut être de beauté ou de folie, comme on le suggère en analysant le passage, dans le Trattato di architettura d’Antonio Averlino dit le Filarete, de la volonté d’édifier une ville idéale à la tentation de l’hétérotopie, qui inquiète davantage qu’elle ne console.

Sommaire

  • Entre l’ombre des arcana imperii et la lumière trop crue de la surexposition : la visibilité en clair-obscur de Périclès (Vincent Azoulay, Périclès. La démocratie athénienne à l'épreuve du grand homme, Paris, Armand Colin, 2010)
  • Les Vies parallèles de Plutarque, ou la dialectique de l’offrande et du retrait
  • Trajan, Plutarque et la veuve éplorée : portrait de l’empereur en miséricordieux (Priscille Aladjidi, « L’empereur Trajan : un modèle imaginaire de la charité royale dans les miroirs des princes de la fin du Moyen Âge » dans Anne-Hélène Allirot, Gilles Lecuppre et Lydwine Scordia dir., Royautés imaginaires (XIIe-XVIsiècles), Turnhout, Brepols, 2005)
  • Les traductions latines de Plutarque à la Renaissance (Olivier Guerrier, Visages singuliers du Plutarque humaniste. Autour d’Amyot et de la réception des Moralia et des Vies à la Renaissance, Paris, Les Belles Lettres, 2023)
  • Le panthéon héroïque de Vespasiano da Bisticci
  • Federico da Montefeltro inognito à Urbino
  • L’architecture palatiale, ou l’impossible solitude du prince
  • La falaise et l’atrium : Les deux faces du Palazzo ducale d’Urbino (Patrick Boucheron, De l’éloquence architecture. Milan, Mantoue, Urbino (1450-1520), B2, 2014)
  • Les gradients de l’espace public : quand l’architecture des lieux de pouvoir freine, feinte et filtre
  • « Ce que le studiolo princier a pour fonction de faire affleurer, c’est le mystère même de son intériorité, son aura d’inconnaissable » (Daniel Arasse, « Frédéric dans son cabinet : le studiolo d’Urbino », dans Le sujet dans le tableau. Essais d’iconographie analytique, Paris, Flammarion, 1997)
  • Quand le roi Louis XI ne joue pas le jeu : chef et couvre-chef
  • Les entrées royales négociées, ou évitées (Joël Blanchard, « Le spectacle du rite : les entrées royales », Revue historique, 305, 2003)
  • L’effet-Lanterne, ou les échappées architecturales des princes qui faussent compagnie à la visibilité publique
  • À Pienza, la ville idéale de Pie II Piccolomini
  • Plus loin dans l’échappée belle : l’horizon utopique du désir princier
  • Portrait d’Antonio Averlino, dit le Filaerete, en architecte contrarié
  • Le Trattato di architecttura, ou l’érotisation de l’art de bâtir (Patrick Boucheron, « Fragments d’un dépit amoureux : Filarete, de la ville idéale à l’utopie », D’ailleurs. Revue de l’école régionale des beaux-arts de Besançon, 2010)
  • De la Sforzinda à Gallisforma : la revanche d’un imaginaire débridée
  • L’utopie console, l’hétérotopie inquiète : l’horizon foucaldien des lieux de pouvoir
  • De Charles VI à Louis XI, la folie du roi, dernier refuge (Bernard Guenée, La Folie de Charles VI, roi Bien-Aimé, Paris, Perrin, 2004)
  • La prison comme lieu de pouvoir ? Quand l’absence du roi renforce la présence de l’État.