Résumé
Les animaux constituent un réservoir d’images fréquemment mobilisé dans la littérature mésopotamienne. Les proverbes sumériens, dont une multitude met en scène un vaste bestiaire, attribuent aux espèces des comportements variés qui fonctionnent comme des métaphores du comportement humain, révélant une lecture largement anthropocentrée de la faune. Les inscriptions royales du Ier millénaire av. J.-C. recourent également volontiers à l’image animale pour caractériser des individus, tantôt de manière élogieuse, tantôt comme procédé de dévalorisation. Qu’en est-il dans le corpus paléobabylonien des lettres de Mari (XVIIIe siècle av. J.-C.) ? Cette communication propose un tour d’horizon des occurrences d’animaux employés dans des comparaisons et des métaphores au sein de cette documentation épistolaire. Elle examinera les espèces convoquées, les traits retenus dans la construction de ces figures, ainsi que leurs fonctions. L’analyse vise à dégager une typologie de ces usages et espère éclairer ce qu’ils révèlent des représentations culturelles de la faune et, plus largement, du rapport des hommes à l’animal à l’époque paléobabylonienne.