Résumé
Les chercheurs établissent souvent une corrélation entre le type de texte et son niveau supposé de difficulté. Il y aurait des scribes plus ou moins compétents associés à des genres textuels distincts. Au bas de la hiérarchie se trouvent ceux qui écrivaient les lettres et les billets administratifs. Sans chercher à confirmer ni à invalider une telle affirmation, cette communication propose d'explorer le syllabaire des scribes qui ont écrit les lettres et textes administratifs découverts dans le palais de Mari. Les sources sont nombreuses – plusieurs milliers de tablettes, soit plusieurs centaines de milliers d'occurrences de signes cunéiformes – mais on peut désormais recourir aux méthodes numériques (traitement d’éditions au format XML) pour recenser, compter et analyser tous ces signes. Il s'agira d'évaluer objectivement le nombre de signes cunéiformes requis pour écrire une lettre, un reçu, un inventaire, etc. ; d'étudier la fréquence des signes, leur polyphonie (l'ensemble des valeurs associées à chacun) et leur distribution ; ou encore d'analyser le type de graphie (phonétique ou logographique) privilégié selon le type de texte produit (lettre vs. texte administratif). On examinera également les cas où des scribes se sont nettement écartés des normes graphiques.