Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

Deux raisons justifient de mettre en regard sacrifice et citoyenneté à l’épreuve des femmes (surtout athéniennes). La première tient à la discussion toujours en cours, parmi les historiens de la Grèce, sur la citoyenneté féminine. Pour le dire brièvement et sous une forme interrogative : peut-on parler de « citoyennes », en Grèce ancienne, ou bien faut-il se limiter à dire qu’elles sont « femmes ou filles ou mères de citoyens » ? Dans ce débat, les questions religieuses et sacrificielles sont un enjeu important. Les définitions en clé institutionnelle proposées par Aristote satisfont aux approches par la politique, qui excluent les femmes de la citoyenneté. Les approches qui privilégient le politique en tant que mode de vie civique trouvent chez les orateurs des raisons d’élargir la focale en faisant entrer les femmes dans la citoyenneté : les termes politis, astēvoire l’adjectif toponymique Athēnaia, l’attestent déjà à eux seul, mais l’importance des « affaires sacrées » (hiera) dans les implications de la citoyenneté viennent étayer ce constat. La seconde raison relève de l’implication des femmes à chaque étape du processus sacrificiel, qui ne posait pas vraiment problème aux chercheurs modernes avant que Marcel Detienne, dans La Cuisine du sacrifice en pays grec (1979), ne conclue à leur mise à l’écart « des autels, de la viande et du sang ». On présente brièvement l’historiographie du thème depuis ce tournant de la fin des années soixante-dix.