Résumé
Quittant Athènes, la présente leçon explore le dossier des serments épigraphiquement attestés tout autour de la mer Égée. Cette investigation atteste l’omniprésence des rituels d’engagement impliquant des animaux dans toutes les dimensions de la vie des cités, que ce soit en interne ou dans leurs relations extérieures. En dépit de son caractère fragmentaire et éclaté, la documentation permet de saisir, par le champ sémantique du « hieros », des processus juratoires réguliers qui mettent en scène la combustion de parts animales et imposent d’affiner l’interprétation du type de contact ainsi engagé avec la sphère supra-humaine. Mais la combustion n’est pas la règle et des procédures davantage exceptionnelles mobilisent le lexique de la découpe, à l’instar des serments sur les tomia à la pierre de l’agora d’Athènes. Enfin, on souligne la mise en évidence du sang de l’animal, dans le registre du sphazein (« égorger »), que ce soit dans le contexte de la combustion ou de la découpe.
Si l’on conçoit le traitement d’un animal en contexte rituel sous la forme d’un spectre allant de la thusia à une extrémité, aux tomia, à l’autre extrémité, il existe entre ces pôles toute une série de gestes possibles, d’intensité différente selon les contextes, mais qui invitent à considérer que le concept de « sacrifice » peut s’appliquer à l’ensemble du spectre et que la Grèce est décidément une culture sacrifiante.