Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

La Théogonie hésiodique fait d’Horkos, ‘Serment’, le fils d’Éris, ‘Lutte’, et le qualifie de ‘fléau pour les humains de la terre’. Mais le serment n’est pas qu’une puissance à l’œuvre dans la société des hommes : il apparaît également dans celle des dieux. Il prend cette fois les traits de la déesse de Styx, dont est analysée la place dans le vaste ensemble des Océanines, à savoir les milliers de filles d’Okéanos et de Téthys, le couple qui a également engendré les Fleuves. D’ascendance aquatique, Styx est une eau glacée, souterraine, qui forme un dixième des eaux de son père, ce qui en fait la plus importante des Océanines. Elle les surpasse aussi en raison des honneurs que Zeus lui confère quand elle se place à ses côtés en vue de la Titanomachie. Le ralliement de Styx et de ses quatre enfants – Zèlos, ‘Zèle/Empressement’, Nikè, ‘Victoire’, Kratos, ‘Pouvoir’, Biè, ‘Force’ – est indispensable à la victoire du dieu et en crée les conditions : les compétences de Kratos et Biè sont essentielles, mais le fait que Zèlos et Nikè soient étroitement appariées signifie que la seule force ne peut prévaloir : le zēlos, l’‘empressement’ de tous les dieux à répondre à l’appel de Zeus est fondé sur sa promesse de donner à chacun les honneurs qui lui revient, et la négociation qui la sous-tend. Quant à Styx, elle est placée en clé de voûte du pouvoir de Zeus puisqu’elle sera désormais ‘le grand serment des dieux’, déracinant les conflits, les dissensions et les mensonges dès qu’ils surgissent parmi les dieux. Deux serments par Styx aux chants XIV et XV de l’Iliade referment cette leçon.