Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
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Résumé

« Le serment est ce qui maintient la démocratie », déclare l’orateur et homme politique athénien Lycurgue au IVe siècle avant notre ère. Une fois remise en contexte, cette affirmation fait émerger les dieux auxquels le parjure ne peut se dérober, fût-ce par le biais de sa descendance. L’enjeu des leçons sur ce thème est de comprendre à quelle position se trouvaient les divinités dans le processus et comment le sacrifice participait de sa construction. Un premier pas dans cette direction consiste à relire les vers des anciens poètes qui parlent de serment. Cette ouverture poétique s’attache tout d’abord à analyser un fragment de la Titanomachie mettant en scène le Centaure Chiron qui met les humains sur la voie de la justice en leur révélant « les serments, les sacrifices, les signes de l’Olympe ». L’articulation de ces trois éléments fait ressortir le caractère relationnel de ces dons aux hommes. Une comparaison est effectuée avec les traditions qui érigent le Titan Prométhée en bienfaiteur de l’humanité et qui associent la justice aux dons de Zeus lui-même. C’est ensuite l’œuvre d’Hésiode qui alimente la réflexion de cette ouverture, en associant le serment, Horkos en tant que puissance divine, à une généalogie de la Théogonie qui le fait naître d’Éris, la Lutte, elle-même fille de Nyx, la Nuit. Les implications de cette généalogie sur la représentation qu’Hésiode donne du serment sont analysées, en évoquant également les différents passages qui en parlent dans Les Travaux et les Jours.