Amphithéâtre Marguerite de Navarre, Site Marcelin Berthelot
En libre accès, dans la limite des places disponibles
-

Résumé

La position des femmes dans le processus sacrificiel grec s’inscrit sur l’arrière-plan des mesures d’inclusion et d’exclusion de telle ou telle catégorie de participant en contexte rituel. L’exclusion absolue des sanctuaires pour quiconque est une mesure exceptionnelle. Toutefois, si l’accessibilité est le constat par défaut, l’accès peut être conditionné par les caractéristiques propres à certaines célébrations. Quand exclusion il y a, elle est surtout fondée sur l’origine des participants (le cas des étrangers) ou leur genre. L’exclusion des femmes a alimenté le questionnement sur leur rapport au sacrifice dont on a évoqué précédemment quelques moments historiographiques importants. Or, la mise à l’écart supposée des femmes par rapport à l’autel contredit le fait que le prêtre est habilité à déposer la part de la divinité sur l’autel enflammé puisque rien dans notre documentation ne permet de prétendre que les desservantes n’accomplissaient pas la même tâche que leurs homologues masculins. En revanche, l’égorgement de l’animal n’était sans doute pas de leur fait, mais il s’agit moins d’un interdit absolu de faire couler le sang que du résultat d’une répartition genrée des tâches. En outre, les prêtres eux-mêmes ne procédaient pas nécessairement à la mise à mort des animaux sacrificiels. Quant à la consommation de viande liée à la participation aux sacrifices, on reprend le dossier des inscriptions qui sont systématiquement appelées à la barre pour la contester ou la confirmer. Le constat que les mêmes pièces à conviction épigraphiques peuvent être sollicitées dans un sens ou dans l’autre invite à reconsidérer minutieusement le contexte de leur production. C’est notamment le cas d’une norme rituelle thasienne mise au jour dans le Thesmophorion de la cité et qui autorise l’accès des femmes au partage sacrificiel lors d’une fête de l’Athéna ancestrale. Une telle norme ne se comprend qu’en regard des cultes familiaux attestés au même endroit et qui concernaient les divisions civiques du même type que les phratries athéniennes.